Démission attendue après un nouvel échec planétaire
La fédération italienne de football (FIGC) entre dans une nouvelle ère après l'annonce officielle de la démission de Gabriele Gravina, suite à l'élimination de l'équipe nationale en barrage pour la Coupe du monde 2026. L'Italie, battue par la Bosnie-et-Herzégovine mardi soir, n'accédera pas à sa troisième Coupe du monde consécutive, une humiliation sans précédent dans l'histoire récente du football transalpin. Gravina a présenté sa démission lors d'une réunion d'urgence du conseil général de la FIGC, mettant fin à sept années à la tête de l'instance fédérale.
Cet échec relance un débat de longue date sur la gestion du football italien, notamment en matière de sélection et de développement de la cantera. Bien que l’Italie ait remporté l’Euro 2020 sous son mandat, les absences aux Coupes du monde 2018, 2022 et désormais 2026 pèsent lourd dans la balance. Les appels à la démission s’étaient intensifiés dans les rangs des supporters et des dirigeants, exigeant un renouveau structurel du football italien.
Un vide au sommet et des successeurs en vue
La FIGC devra organiser une élection pour désigner le successeur de Gravina d’ici le 22 juin, date officiellement retenue pour le scrutin. Plusieurs noms circulent déjà dans les coulisses du football italien : Giancarlo Abete, président des ligues amateurs, Matteo Marani, patron de la Serie C, et Giovanni Malagò, ancien président du CONI, figurent parmi les favoris. Leur rôle sera crucial pour relancer un projet fédéral en crise, tant sur le plan sportif que structurel.
La réunion d’urgence a réuni les présidents des principales ligues italiennes : Ezio Simonelli (Serie A), Paolo Bedin (Serie B) et Matteo Marani (Serie C), aux côtés des représentants des joueurs (Umberto Calcagno) et des entraîneurs (Renzo Ulivieri). Cette unanimité autour de la nécessité d’un changement de cap illustre la gravité perçue de la situation. Comme l’a déclaré le ministre des Sports Andrea Abodi :
Il est évident que le football italien doit être reconstruit, et ce processus doit commencer par un renouvellement du leadership de la FIGC.
Conséquences sur le long terme
L’ère Gravina, marquée par un succès européen mais trois échecs mondiaux, laisse un héritage mitigé. Sous sa présidence, les sélectionneurs Luciano Spalletti (2023) et Gennaro Gattuso (2025) ont été nommés, sans parvenir à redresser la barre en qualifications internationales. Le prochain président devra non seulement nommer un nouvel entraîneur, mais aussi repenser l’ensemble du système de détection et de formation, en étroite collaboration avec les clubs.
L’absence aux grandes compétitions mondiales a un impact direct sur la visibilité, les revenus et la motivation des jeunes talents. Le chemin vers la Coupe du monde 2030 s’annonce long, mais cette démission pourrait marquer le début d’une renaissance. Le 22 juin deviendra une date charnière : celle où l’Italie décidera de regarder vers l’avenir ou de s’enliser dans une crise récurrente.